De la vie quotidienne dans la Manche sous l’Occupation, on en a souvent une vision assez stéréotypée. On imagine aisément que chacun doit faire face aux pénuries, au marché noir et à la vie chère. Or les principales humiliations viennent des réquisitions de biens par les Allemands. Chaque jour, les Manchois croisent ces soldats germaniques qui vivent dans leur maison, s’octroient les meilleurs produits alimentaires. À cela bon nombre d’habitants répondent par des actes de Résistance.

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La vie sous l’Occupation dans la Manche

Une autosuffisante alimentaire

Les produits manquent, des économies parallèles se créent. Les Normands, très attachés à leurs libertés individuelles, vivent mal le dirigisme économique décidé par le Régime de Vichy. Les réquisitions qui ne devaient être que temporaires s’éternisent. Réquisitions des produits alimentaires, des maisons, des véhicules. Toutefois,  dans la Manche, malgré ces confiscations, en matière de ravitaillement alimentaire, les habitants sont moins éprouvés. En effet, ils se suffisaient à eux-mêmes pour l’immense majorité d’entre eux.

Une « résistance civile » marquée

Les comportements sous l’Occupation ne peuvent être réduits à un choix manichéen : celui de la Résistance et celui de la Collaboration. La masse de la population a continué à vivre tant bien que mal, durant cette période. D’une manière générale, on ne s’accoutume pas, on subit, sourdement. Mais subir n’est pas démissionner et une partie des Manchois se montre, très vite, hostile à l’envahisseur allemand. C’est ainsi qu’une « résistance civile » à l’occupant s’est faite jour très tôt. Peu importe que celle-ci puise ses racines dans un patriotisme sincère ou dans une réaction épidermique aux réquisitions. Cette résistance a pu être passive, se limitant au refus, à l’isolement, à la volonté de ne pas se laisser contaminer. Elle a pu prendre aussi d’autres formes. Ainsi, toute une série de démonstrations de mécontentement, d’actes irrévérencieux ou d’hostilité, ont également été répertoriés.

Les actes de résistance dans la Manche : renseignement, sabotages et désobéissance

Dans la Manche, la résistance la plus répandue était la résistance civile intégrant des comportements « d’attitudes résistantes ». Citons, par exemple, les lacérations d’affiches, le port de la croix de Lorraine ou  des rassemblements pour manifester son hostilité à l’encontre des occupants. Une autre résistance plus « active » existe au moment de l’occupation allemande. Elle est  plus spécialisée dans le renseignement en lien avec les Britanniques. C’est ainsi qu’elle informe sur les effectifs ennemis, les déplacements de troupes, les installations militaires. Elle s’en prend également aux installations allemandes : câbles, panneaux indicateurs, véhicules et bâtiments font l’objet de sabotages. Au cours de l’été 1942, la Résistance se renforce et les actions se font de plus en plus nombreuses. En réaction, les Allemands arrêtent, internent, déportent et exécutent les Manchois repérés pour faits de Résistance. Ces actions de sabotages ont  joué un rôle majeur dans l’opération Neptune en bloquant, momentanément, l’arrivée des renforts allemands.

Avertissement du Feldkommandant de Saint-Lô

 

« Les Justes parmi les Nations » : ceux qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs

En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité. » Simone Veil

Le titre de « Juste parmi les Nations »  est attribué par une commission mise en place en 1963 et présidée par un juge de la Cour Suprême de l’État d’Israël. Ce titre est la plus haute distinction civile décernée par l’État hébreu, à des personnes non juives. Il est attribué à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi. Pour être ainsi distinguée, une personne doit avoir procuré une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger. Ceci, au risque conscient de sa vie, de celle de ses proches, et sans demande de contrepartie.

DES LIEUX POUR SE SOUVENIR DES JUSTES PARMI LES NATIONS

Une Avenue des Justes à Jérusalem, sur le mont du souvenir où l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah « Yad Vashem » a été édifié. Depuis 1963, Yad Vashem, en hommage aux « Justes parmi les Nations », a créé l’Allée des Justes plantée d’arbres à leur nom, puis le Jardin des Justes où les listes de noms sont gravées sur des murs, pays par pays.

Une Allée des Justes à Paris, dans le quartier du Marais

 


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